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 la legende de l argent

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MessageSujet: la legende de l argent   Mer 29 Déc 2010 - 10:21

Comprendre le mystère de l'argent
1. Sauvés du naufrage
Boum! Une explosion vient de détruire leur bateau. Chaque rescapé s’agrippe aux premières planches flottantes qui lui tombent sous la main. Cinq naufragés se retrouvèrent réunis sur une épave, que les flots emportent à leur gré. Aucune nouvelle des autres compagnons de voyage.
Pendant d'interminables heures, ils scrutent l’horizon: un navire de passage les apercevrait-il? Leur radeau de fortune toucherait-il bientôt une terre hospitalière?
Tout à coup, un cri retenti: Terre! Terre, là-bas, Regardez! Justement dans la direction où nous poussent les vagues!
Et à mesure que se dessine, en effet, la ligne du rivage, les figurent s’épanouissent.
Ils sont cinq. Cinq Québécois:
François, grand et vigoureux, est charpentier. C'est lui qui aperçut le premier la terre.
Paul est cultivateur. Vous le voyez, à gauche, une main à terre, l’autre tenant le mât de l’épave;
Jacques, est forgeron. Il est en pantalon rayé.
Henri, l’agronome un peu corpulent, est assis sur une valise échappée du naufrage.
Enfin, Thomas, passionné par les pierres et les minéraux, se tient debout en arrière, une main sur l’épaule du charpentier.
2. Une île providentielle
Remettre les pieds sur la terre ferme: Quel bonheur! C’est pour nos hommes un retour à la vie.
Une fois séchés, réchauffés, leur premier empressement est de faire connaissance avec cette île où ils vont devoir vivre, loin de toute civilisation. Ils la baptisent L’Île des Naufragés.
fable sur l'argent.doc 1 /13 2005-09-23
Une rapide reconnaissance des lieux comble leurs espoirs: l’île n’est pas un désert aride. Ils sont bien les seuls hommes à l’habiter actuellement. Mais d’autres ont dû l’habiter avant eux, s’il faut en juger par les restes d’outils rudimentaires. Thomas, le prospecteur, dit que la partie la plus rocheuse de l’île montre des signes qui indiquent un sous-sol richement minéralisé.
Malgré l’absence d’outils perfectionnés. Jacques, le forgeron, pense pouvoir transformer le minerai en métaux utiles.
Quand au sol de l’île, Paul le trouve en grande partie propice à la culture.
Henri y a découvert des arbres fruitiers. Un véritable Eden!
François, lui, a surtout remarqué les belles étendues forestières. Les essences d’arbre y sont variées, et pourrons convenir pour la construction d’abris et la fabrication de toute sorte d’objet.
Ils remercient tous la providence du dénouement relativement heureux de ce naufrage tragique. Chacun va donc pouvoir se livrer à ses occupations favorites pour le bien de tous.
3. Les véritables richesses
Et voilà nos amis à l’ouvrage.
Les maisons et les meubles sortes du travail du charpentier. Les premier temps, notre équipe s’est contentée de cueillir ce qu’offrait la nature. Mais bientôt, les champs produisent et notre cultivateur a des récoltes.
À mesure que les saisons succèdent aux saisons, le patrimoine de l’île s’enrichit. Il s’enrichit non pas d’or, ou de billet de banque, mais de véritables richesses qui habillent, qui nourrissent, qui logent, bref, qui répondent à des vrais besoins.
La vie n’est pas toujours aussi facile qu’ils le souhaiteraient. Il leur manque bien des choses auxquelles ils étaient habitués dans la société moderne. Mais leur sort pourrait être beaucoup plus triste.
D’ailleurs, ils ont déjà connu des temps de crise au Québec. Ils se rappellent les privations, le chômage, alors que les magasins étaient pleins à craquer, à dix pas de leur porte. Au moins, dans L’Île des Naufragés, personne ne les condamne à voir pourrir sous leurs yeux des choses dont ils ont besoin. Les taxes sont inconnues et les saisies par l’huissier ne sont pas à craindre. Si le travail est parfois dur, chacun peu jouir pleinement du fruit de ce travail. Somme toute, on exploite l’île dans la joie en espérant qu’un jour ont pourra retrouver parents et amis, avec deux grands biens conservés: La vie et la santé.
fable sur l'argent.doc 2 /13 2005-09-23
4. Un inconvénient majeur
Nos naufragés se réunissent souvent pour causer de leurs affaires.
Dans le système économique très simplifié qu’ils pratiquent, une chose les ennuie de plus en plus: ils n’ont aucune espèce de monnaie. Le troc, l’échange direct de produits contre d’autre produits, à ses inconvénients: les produits à échanger ne sont pas toujours en face l’un de l’autre en même temps. Ainsi, du bois livré à notre agriculteur en hivers ne pourra être remboursé en légumes que dans six mois.
Parfois aussi, c’est un gros article qui est livré d’un coup par l’un d’entre eux qui voudrait en retour différentes petites choses produites par plusieurs des autres, à des époques différentes.
S’il y avait de l’argent en circulation, chacun vendrait ses produits aux autres. Avec l’argent reçu, il achèterait des autres les choses qu’il veut, quand il les veut, et lorsqu’elles sont disponibles.
Tout le monde s’entend pour reconnaître la commodité qu’apporterait un tel système de monnaie. Mais aucun d’eux ne sait comment en établir un. Ils savent produire la vraie richesse, les biens de consommations, mais ils ne savent pas comment instaurer les symboles pour les représenter: l’argent.
Ils ignorent comment l’argent commence et comment le faire commencer quand il n’y en a pas et que l’on décide ensemble d’en avoir... Bien des hommes instruits seraient sans doute aussi embarrassés.
5. Arrivée d'un réfugié
Un soir que notre équipe, assise sur le rivage, ressasse ce problème pour la centième fois, elle voit soudain approcher une chaloupe avec un seul homme qui rame.
On s’empresse d’aider le nouveau naufragé. On lui donne les premiers soins et l’on cause. On apprend que c’est un Européen, seul survivant d’un naufrage survenu trois jours plus tôt. Son nom est Martin Golden.
Heureux d’avoir un compagnon de plus, nos cinq survivants l’accueillent chaleureusement et lui font visiter leur île.
fable sur l'argent.doc 3 /13 2005-09-23
- «Quoique perdus loin du reste du monde, lui disent-ils, nous ne sommes pas à plaindre. La terre produit bien, la forêt aussi. Une seule chose nous manque: nous n’avons pas de monnaie pour faciliter les échanges de nos produits.»
- «Ça, c'est vraiment extraordinaire! Répond Martin. L’argent n’a pas de secret pour moi. Je suis banquier, et je puis vous installer en peu de temps un système monétaire qui vous donnera satisfaction.»
Un banquier!... Un ange venu tout droit du ciel n’aurait pas inspiré plus d'admiration. N’est-on pas habitué, en pays civilisé, à s’incliner devant les banquiers qui contrôlent les pulsations de la finance?
6. Le dieu de la civilisation
- «M. Martin, puisque vous êtes banquier, vous ne travaillerez pas - «Soit! Je m’acquitterai de ma tâche avec la satisfaction, comme tout banquier, de forger la prospérité commune.»
- «M. Martin. On vous bâtira une demeure digne de vous. En attendant, peut-on vous installer dans l’édifice qui sert à nos réunions publiques?»
- «Très bien, mes amis. Mais commençons par décharger les bagages de la chaloupe que j’ai pu sauver dans le naufrage: Une petite presse, du papier et accessoires, et surtout un petit baril que vous traiterez avec grand soin.»
On décharge le tout. Le petit baril intrigue la curiosité de toute l’équipe.
- «Ce baril, déclare Martin, c’est un trésor sans pareil. Il est plein d’or!»
Plein d’or! Cinq âmes faillirent s’échapper de cinq corps. Le dieu de la civilisation entrait dans l’île des naufragés. Le dieu jaune, toujours caché, mais puissant, terrible, dont la présence, l’absence, ou les moindres caprices peuvent décider de la vie de 100 nations!
- «De l’or! M. Martin vous êtes un vrai banquier! »
- «De l’or pour un continent, mes amis. Mais ce n’est pas de l’or qui va circuler. Il faut cacher l’or: l’or est l’âme de tout argent sain. L’âme doit rester invisible. Je vous expliquerai tout cela en vous remettant l’argent.»
7. Un enterrement sans témoin
Avant de se séparer pour la nuit, Martin leur pose une dernière question:
fable sur l'argent.doc 4 /13 2005-09-23
- «Combien d’argent vous faudrait-il dans l’île pour que les échanges marchent bien?»
On se regarde, on consulte humblement Martin lui-même. Avec ses suggestions, on convient que 1 000 $ pour chacun paraissent suffisants pour commencer. Le rendez-vous est fixé pour le lendemain soir.
L’équipe se retire, chacun partage des réflexions émues, se couche tard, ne s’endort bien qu’au petit matin, après avoir longtemps rêvé d’or les yeux ouverts.
Martin, lui, ne perd pas de temps. Il oublie sa fatigue pour ne penser qu’à son avenir de banquier. À la faveur du petit jour, il creuse un trou, y roule son baril, le couvre de terre, le dissimule sous des touffes d’herbes soigneusement placées et y transplante même un petit arbuste pour enlever toute traces.
Puis, il met en oeuvre sa petite presse, pour imprimer cinq mille billets d’un Dollar. En voyant les billets sortir tout neufs de sa presse, il songe en lui-même:
- «Comme ils sont faciles à faire, ces billets! Ils tirent leur valeur des produits qu’ils vont servir à acheter. Sans produits, les billets ne vaudraient rien. Mes cinq Naïfs de clients ne pensent pas à cela. Ils croient que c’est l’or qui garantie les dollars. Je les tiens par leur ignorance!»
Ce soir là, les cinq arrivent en courant, près de Martin.
8. À qui l'argent Frais !
Cinq piles de billets étaient là, sur la table.
- «Avant de vous distribuer cet argent, dit le banquier, il faut s’entendre: l’argent est basé sur l’or. L’or, placé dans la voûte de ma banque est à moi. Donc l’argent est à moi... Oh! Ne soyez pas tristes. Je vais vous prêter cet argent, et vous l’emploierez à votre gré. En attendant, je ne vous charge que l’intérêt. Vu que l’argent est rare dans l’île, puisqu’il n’y en a pas du tout, je crois être raisonnable en demandant un petit intérêt de 10 pour cent seulement.»
- «En effet, M. Martin, cela est raisonnable.»
- «Un dernier point, mes amis. Les affaires sont les affaires, même entre grands amis. Avant de toucher son argent, chacun de vous va signer ce document: C’est l’engagement par chacun de rembourser capital et intérêts, sous peine de confiscation des ses propriétés par moi-même. Oh! Une simple garantie. Je ne tiens pas du tout à avoir vos propriétés. Je me contente d’argent. Je suis sûr que vous garderez vos biens et que vous me rendrez l’argent.
fable sur l'argent.doc 5 /13 2005-09-23
- «C’est plein de bon sens, M. Martin. En travaillant avec ardeur nous pourrons facilement vous rembourser.»
- «C’est cela. Et revenez me voir chaque fois que vous aurez des problèmes. Le banquier est un bon conseiller pour tout le monde... Maintenant, voici à chacun ses mille dollars.»
Et nos cinq amis s’en vont ravis, des dollars plein les mains et plein la tête.
9. Un problème d'arithmétique
L’argent de Martin a circulé dans l’île. Les échanges se sont multipliés en se simplifiant. Tout le monde se réjouit et salue Martin avec respect et gratitude.
Cependant, Thomas, le prospecteur, est inquiet. Ses produits sont encore sous terre. Il n’a plus que quelques dollars en poches. Comment rembourser le banquier à l’échéance qui approche?
Après s’être longtemps creusé la tête devant son problème individuel, Thomas réfléchit plus globalement:
«En considérant la population entière de l’île, songe-t-il, sommes nous capable de tenir nos engagements? Martin a fait une somme totale de 5 000 $. Il nous demande au total, avec les intérêts, 5 500 $. Quand bien même prendrions-nous ensemble tout l’argent de l’île pour le lui porter, cela ferait 5 000 $, pas 5 500 $. Personne n’a fait les 500 $ de plus. Nous, nous faisons des choses, pas du papier monnaie. Martin pourra donc saisir toute l’île, parce que tous ensemble, nous ne pouvons rembourser capital et intérêts.
«Si ceux qui sont capables remboursent pour eux-mêmes sans se soucier des autres, quelques-uns vont tomber tout de suite, laissant un sursis pour les autres. Mais leur tour viendra et le banquier saisira tout. Il vaut mieux s’unir tout de suite et régler cette affaire en groupe.»
Thomas n’a pas de peine à convaincre les autres que Martin les a dupés. On décide d'un rendez-vous général chez le banquier.
10. Bienveillance du banquier
Martin devine leur état d’âme, mais fait bon visage. François, le plus impulsif, prend la parole:
-« Comment pouvons-nous vous apporter 5 500 $ quand il n’y en que 5 000 $ dans toute l’île?
-« C’est l’intérêt mes bons amis. Est-ce que votre production n’a pas augmenté?
-« Oui, mais l’argent, lui, n’a pas augmenté. Or, c’est justement de l’argent que vous réclamez, et non pas des produits. Vous seul pouvez faire de l’argent. Or vous n’avez fait que 5 000 $ et vous demandez 5 500 $. C’est impossible!
-«Je vous comprends. Nous allons adapter le système monétaire à cette nouvelle situation, pour le plus grand bien de tous... Je ne vais vous
fable sur l'argent.doc 6 /13 2005-09-23
demander que l’intérêt. Rien que 500 $. Vous continuerez de.....
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MessageSujet: Re: la legende de l argent   Mer 29 Déc 2010 - 10:25

Vous continuerez de garder le capital.
-« Vous nous remettez notre dette?
-« Non. Je le regrette, mais un banquier ne remet jamais une dette. Vous ne me remettrez chaque année que l’intérêt, et je ne suis pas pressé pour recevoir le remboursement du capital. Quelques-uns parmi vous peuvent devenir même incapable de payer leur intérêt, parce que l’argent va de l’un à l’autre. Mais organisez-vous en nation, et convenez d’un système de collection. On appelle cela la taxation. Vous taxerez davantage ceux qui auront plus d’argent, et moins les autres. Pourvu que vous m’apportiez collectivement le total de l’intérêt, je serai satisfait et votre nation se portera bien.»
Notre équipe se retire, mi-calmée, mi-pensive.
11. L'extase de Martin Golden
Martin est seul. Il se recueille. Il conclut:
-«Mon Affaire est bonne: bons travailleurs ces hommes, mais ignorants. Leur crédulité fait ma force. Ils voulaient de l’argent, je leur ai passé les chaînes.
-«Oh! Que mon esprit de la manipulation est génial et subtil. Mes maître me l'avaient bien dit: «Qu’on m’accorde le contrôle de la monnaie d’un pays et je me fiche de qui fait ses lois». Je suis le maître de cette l’île parce que je contrôle son système d’argent.
Je pourrais contrôler un univers. Ce que je fais ici, moi, Martin Golden, je puis le faire dans le monde entier. Que je sorte un jour de cet îlot: je sais comment gouverner le monde sans tenir de sceptre...».
...Et toute la structure du système bancaire se dresse dans l’esprit ravi de Martin.
12. Crise de la vie Chère
Cependant, la situation empire dans l’Ile des Naufragés. La productivité a beau augmenté, les échanges ralentissent. Martin pompe régulièrement ses intérêts. Il faut songer à mettre de l’argent de côté pour lui. L’argent colle, il circule mal.
Ceux qui paient le plus de taxes crient contre les autres et haussent leurs prix pour trouver une compensation. Les plus pauvres, qui ne paient pas de taxes, crient contre la vie chère et achètent moins.
fable surLe moral baisse, la joie de vivre s’en va. On n’a plus le coeur à l’ouvrage. A quoi bon? Les produits se vendent mal; et quand ils se vendent, il faut donner des taxes à Martin. On se prive. C’est la crise. Et chacun accuse son voisin d’être la cause de la vie chère.
Un jour, Henri décide de convaincre ses compagnons. Il commence par Jacques. C’est vite fait: «Eh! dit Jacques, je ne suis pas savant, mais il y a longtemps que je le sens: le système de ce banquier-là est plus pourri que le fumier de mon étable du printemps dernier!»
Tous sont gagnés l’un après l’autre, et une nouvelle entrevue avec Martin est décidée.
13. Chez le forgeur de chaînes
Chez le banquier, ce fût une véritable tempête :
-«L’argent est rare sur l’île, monsieur, parce que vous nous l’ôtez. On vous paie, on vous paie, et on vous doit encore autant qu’au commencement. On travaille, on valorise les terres et nous voilà en plus mauvaise posture qu’avant votre arrivée. Dette! Dette! Dette par-dessus la tête!»
-« Allons mes amis, raisonnons un peu. Si vos terres sont plus belles, c’est grâce à moi. Un bon système bancaire est le plus bel actif d’un pays. Mais pour en profiter, il faut garder avant tout confiance en lui...Vous voulez d’autre argent? Très bien. Mon baril d’or vaut des milliers de fois tous les dollars de l’île... Tenez, je vais hypothéquer les terres que vous avez nouvellement mises en valeur, et vous prêter un autre cinq mille dollars tout de suite.»
-«Deux fois plus de dette? Deux fois plus d’intérêts à payer tous les ans, sans jamais en finir?
-«Oui, mais je vous en prêterai encore, tant que vous augmenterez votre richesse foncière; et vous ne me rendrez jamais que l’intérêt. Vous empilerez les emprunts; Vous appellerez cela la dette consolidée. Dette qui pourra grossir d’année en année. Mais votre revenu aussi. Grâce à mes prêts, vous développerez votre pays.»
-« Alors plus notre travail fera produire l’île, plus notre dette totale augmentera?»
fable sur l'argent.doc 8 /13 2005-09-23
-« Comme dans tous les pays civilisés. La dette publique est un baromètre du développement.»
14. Le loup mange les agneaux
-« C’est cela que vous appelez de la monnaie saine, monsieur Martin? Une dette nationale devenue nécessaire et impayable, ce n’est pas sain, c’est malsain.»
-«Toute monnaie saine doit être basée sur l’or, et sortir de la banque à l’état de dette. La dette nationale est une bonne chose: elle place les gouvernements sous la sagesse et la régulation des banquiers, et cela évite les excès de pouvoir.»
-« Monsieur Martin, nous sommes peut-être ignorants, mais nous ne voulons pas de cette civilisation là ici. Nous n’emprunterons plus un seul sous de vous. Monnaie saine ou pas saine, nous ne voulons plus faire affaire avec vous.»
-« Je regrette cette décision maladroite. Mais si votre petit groupe rompt avec moi, j’ai vos signatures. Alors remboursez-moi immédiatement tout, capital et intérêts.»
-« Mais c’est impossible! Quand bien même nous vous donnerions tout l’argent de l’île, nous ne serions pas quittes.»
-« Je n’y puis rien. Avez-vous signé, oui ou non? Oui? Eh bien, en vertu des contrats signés, je saisis toutes vos propriétés gagées, tel que convenu entre nous, au temps où vous étiez si content de m’avoir. Vous ne voulez pas servir de bon gré la puissance suprême de l’argent, vous la servirez de force. Vous continuerez à exploiter l’île, mais pour moi et à mes conditions. Allez. Je vous passerai mes ordres demain.»
15. Le contrôle des journaux
Martin sait que celui qui contrôle l’argent d’une nation contrôle cette nation. Et il sait aussi que pour maintenir ce contrôle, il faut entretenir le peuple dans l’ignorance et l’occuper avec autre chose.
Martin a remarqué que sur cinq, deux sont conservateurs et trois sont libéraux. Cela paraît dans les conversations du petit groupe, le soir, surtout depuis qu’ils sont devenus ses serviteurs. On se chicane entre bleus et rouges.
fable sur l'argent.doc 9 /13 2005-09-23
De temps en temps, Henri, moins partisan, suggère une force de regroupement, pour faire pression sur les gouvernements...Force dangereuse pour toute dictature.
Martin va donc s’appliquer à envenimer leurs discordes politiques le plus possible, selon la maxime: «diviser pour mieux régner.»
Il se sert de sa petite presse et fait paraître deux feuilles hebdomadaires: «Le Soleil du Sud» pour les rouges, et «l’Étoile du nord» pour les bleus.
«Le Soleil du Sud» dit en résumé: Si vous n’êtes pas les maîtres chez vous, c’est à cause de ces arriérés de bleus, toujours collés aux gros intérêts.
«L’étoile du Nord» dit en substance: Votre dette nationale est l’oeuvre des maudit rouges, toujours prêt aux aventures politiques.
Et nos deux partis politiques se chamaillent de plus belle, oubliant le véritable forgeron de chaînes, le contrôleur de l’argent, Martin.
16. Une épave précieuse
Un jour, Thomas, le prospecteur, découvre, échouée au fond d’une anse, au bout de l’île et voilée par de hautes herbes, une chaloupe de sauvetage, sans rame et sans autre trace de service qu’une caisse assez bien conservée.
Il ouvre la caisse: outre du linge et quelques menus effets, son attention s’arrête sur un petit livre en assez bon état, intitulé: «Vers une économie d’abondance».
Curieux, notre ami s’assied et ouvre ce volume. Il lit. Il dévore. Son visage s’illumine:
-«Mais, s’écrie-t-il, voilà ce qu’on aurait dû savoir depuis longtemps: «L’argent ne tire en aucune façon sa valeur de l’or, mais bien des produits que cet argent achète. L’argent peut être une simple comptabilité, les crédits passant d’un compte à l’autre selon les achats et les ventes. Le total de l’argent étant en rapport avec le total de la production.
«A toute augmentation de production, doit correspondre une augmentation équivalente d’argent...Jamais d’intérêt à payer sur l’argent naissant... Le progrès représenté, non pas par une dette publique, mais par un dividende égal à chacun... les prix, ajustés au pouvoir d’achat par un coefficient des prix. Un crédit d’abondance pour tous...»
Thomas n’y tient plus. Il se lève et court, avec son livre, faire part de la splendide découverte à ses quatre comparses.
fable sur l'argent.doc 10 /13 2005-09-23
17. L'argent simple comptabilité
Et Thomas s’installe professeur:
-« Voici, dit-il, ce qu’on aurait pu faire sans le banquier, sans or, sans signer aucune dette.
«J’ouvre un compte au nom de chacun de vous. A droite, les crédits, ce qui s’ajoute au compte; à gauche, les débits, ce qui le diminue.
«On voulait chacun 1 000 $ pour commencer. D’un commun accord, décidons d’écrire 1 000 $ au crédit de chacun. Chacun a tout de suite 1 000 $.
«François achète des produits de Paul, pour 50 $. Je retranche 50 à François, il lui reste 950$. J’ajoute 50 $ à Paul, il a maintenant 1 050 $.
«Jacques achète de Paul pour 40$. Je retranche 40 à Jacques, qui conserve 960 $. Paul, monte à 1 090 $.
«Paul achète du bois de François pour 60$. Je retranche 60 à Paul, qui garde 1 030 $; j’ajoute 60 à François qui remonte à 1 010 $.
«Et ainsi de suite; d’un compte à l’autre, comme les dollars de papier vont d’une poche à l’autre.
«Si l’un de nous a besoin d’argent pour augmenter sa production, on lui ouvre le crédit nécessaire, sans intérêts. L’emprunteur rembourse le crédit une fois sa production vendue. Même chose pour les travaux publics.
«On augmente aussi, périodiquement, les comptes de chacun, sans rien enlever à personne d’une somme en correspondance avec le développement économique du pays. C’est le dividende national, comme dans une grosse entreprise prospère.
18. Désespoir du banquier
Tous nos naufragés ont compris. Le lendemain, le banquier reçoit une lettre signée des cinq:
«Monsieur, nous nous sommes laissés endetter et exploités sans aucune nécessité. Nous n’avons plus besoin de vous pour régir notre système d’argent. Nous aurons désormais tout l’argent qu’il nous faut, sans or, sans dette et sans voleur. Nous établissons immédiatement dans l’Île des naufragés le système de Crédit-Débit. Le dividende national remplacera la dette nationale.
«Si vous tenez à votre remboursement, nous pouvons vous remettre tout l’argent que vous avez fait pour nous, pas plus. Vous ne pouvez réclamer ce que vous n’avez pas donné.»
Martin est au désespoir. C’est son empire qui s’écroule.
« Que faire? M'excuser? Travailler comme eux? Moi, banquier, faire cela? Non. Je vais plutôt essayer de me passer d’eux et de vivre à l’écart.»
fable sur l'argent.doc 11 /13 2005-09-23
19. La supercherie mise à jour
Pour se protéger contre toute réclamation future possible, nos hommes ont décidé de faire signer au banquier un document attestant qu’il possède encore tout ce qu’il avait en arrivant dans l’île.
D’où un inventaire général des biens du banquier: La chaloupe, la petite presse... et le fameux baril d’or. Il a fallu que Martin indique l’endroit, et que l’on déterre le baril. Nos hommes le sortent du trou avec beaucoup moins de respect cette fois. Leurs découvertes économiques leurs ont appris à se méfier de ce fétiche «Or».
Jacques et Henri, en soulevant le baril, trouvent que pour de l’or, ça ne pèse pas beaucoup.
L’impétueux François n’hésite pas plus longtemps. Un coup de hache et le baril étale son contenu: Pas une once d’or! Des roches - rien que de la vulgaire roche sans valeur!...» Notre bande des cinq n'en revient pas:
- «Dire qu'il nous a eu à ce point-là! Quel escroc! A-t-il fallu être niaiseux pour tomber en extase devant le seul mot OR!
- «Dire que nous lui avons gagé toutes nos propriétés pour des bouts de papier basés sur quatre pelletées de roches! Voleur et menteur en plus.
- «Dire que nous nous sommes boudés et haïs les uns les autres pendant des mois pour une escroquerie pareille!»
A peine le petit groupe était-il revenu de sa stupéfaction qu'il constata que le banquier était parti à toute jambe vers la forêt.
Nul n’a entendu parler de Martin Golden depuis l’éventrement de son baril et de sa duperie.
Mais, à quelques temps de là, un navire écarté de sa route ordinaire, ayant remarqué des signes d’habitations sur cette île, non inscrite sur les cartes, a jeté l’ancre près de l’île.
Aux hommes sont aux anges. Ils emportent avec eux leurs effets les plus transportables et les plus précieux. Ils se promettent, qu’une fois de retour dans la civilisation, ils vont mettre toute leurs énergie pour répandre leur découverte d’une économie d’abondance.
De la fable à la réalité
Ce système, introduit par Martin dans l'île des Naufragés obligeait la petite communauté à s'endetter financièrement à mesure qu'elle se développait par son travail et enrichissait l'île. C'est exactement ce qui se passe dans
fable sur l'argent.doc 12 /13 2005-09-23
les pays industrialisés aujourd'hui: Le Canada a certainement plus de richesses réelles qu'il y a 100 ans. Or, si l'on compare la dette publique, c'est à dire la somme de toutes les dettes du Canada d'aujourd'hui, avec ce qu'elle était il y a 100 ans, on constate un endettement inimaginable. C'est pourtant la population elle-même qui, au cours des années, à produit cet endettement réel. Comment se fait-il qu'elle soir endettée pour le résultat de son travail?
Vers une alternative
Il est nécessaire maintenant de remplacer ce système "d'argent-dette" par un système financier qui soit au service du bien commun, de la population et de l'état qui dirige la pays. Ce système existant n'est bien sûr pas à supprimer, mais à corriger en fonction des besoins imposés par le nombre et la vitesse des échanges commerciaux, la façon automatisée de produire, qui n'ont plus rien a voir avec le Moyen âge. Or notre système actuel a été créé à cette époque, pour répondre au besoin de cette époque. Globalement, nous pouvons dire que l'enrichissement produit par une population et un pays doit revenir à cette population et à ce pays, et non à une classe particulière: le milieu de la haute finance.
L'argent de Martin, dans l'île des Naufragés, n'aurait en aucune valeur s'il n'y avait eu aucun produit dans l'île. Même si son baril avait été plein d'or, qu'est-ce que cet or aurait pu acheter dans une île sans produit? Or ou papier monnaie, ou n'importe quels montants de chiffre dans les livres de Martin n'auraient pu nourrir personne, s'il n'y avait pas eu de produits alimentaires. Idem pour les vêtements et pour tous les autres biens.
Mais il y avait des produits dans l'île. Ces produits provenaient des ressources naturelles et du travail de la petite communauté. Cette richesse réelle, qui seule donne sa valeur à l'argent, appartient donc: Premièrement à la terre (écologie) et ensuite à ceux qui ont mis cette richesse en "valeur", les habitants de l'île. Ce n'est pas la propriété du système bancaire. Nos naufragés ont fini par le comprendre. Tout argent devait donc être divisé entre eux, et échangé entre les uns et les autres selon le va-et-vient de la production. Et une partie devait être remis à la terre (reboisement, restauration des sites etc.). Ainsi, la question de l'argent doit redevenir ce qu'elle est essentiellement: Une question de comptabilité. Et servir les populations au lieu de… les asservir.
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MessageSujet: Re: la legende de l argent   Mer 29 Déc 2010 - 11:08

merci fox de remettre les pendules à l'heure et l'argent a sa place !!
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MessageSujet: Re: la legende de l argent   

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la legende de l argent
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